Pour bien entretenir un calathéa, placez-le dans une pièce lumineuse mais sans soleil direct, entre 18 et 24 °C, loin des radiateurs et des courants d'air. Gardez le terreau toujours légèrement humide, jamais détrempé, en l'arrosant avec une eau peu calcaire à température ambiante, soit environ tous les 5 à 7 jours en été et tous les 10 jours en hiver. Visez une humidité de l'air d'au moins 60 %, et apportez un engrais pour plantes vertes à demi-dose d'avril à septembre.
Si les bords de ses feuilles brunissent, le coupable est presque toujours l'air trop sec ou l'eau du robinet trop calcaire. Les feuilles jaunes, elles, signalent en général un excès d'arrosage.
Je m'appelle Natalie Collin, je jardine depuis plus de quinze ans, et j'ai perdu mes deux premiers calathéas avant de comprendre ce qu'ils attendaient vraiment. Aujourd'hui, j'en cultive six variétés, dont un orbifolia aux feuilles grandes comme des assiettes qui a fêté ses cinq ans cet été.
| Besoin | Ce que le calathéa attend |
|---|---|
| ☀️Lumière | Vive mais tamisée, à 1 ou 2 m d'une fenêtre. Jamais de soleil direct. |
| 🌡️Température | 18 à 24 °C toute l'année, jamais sous 15 °C. |
| 💧Arrosage | Dès que les 2 premiers centimètres de terre sont secs, avec une eau peu calcaire et tempérée. |
| 💨Humidité | 60 % ou plus. Plateau de billes d'argile, plantes regroupées ou humidificateur. |
| 🧪Engrais | Engrais pour plantes vertes à demi-dose, toutes les 3 à 4 semaines d'avril à septembre. |
| 🪴Rempotage | Tous les 2 ans au printemps, dans un pot à peine plus grand. Multiplication par division uniquement. |
| 🍂Bords bruns | Air trop sec ou eau calcaire et chlorée. |
| 🌙Feuilles qui se ferment | Normal le soir : c'est la nyctinastie. Inquiétant seulement en pleine journée. |
| 🐾Animaux | Non toxique pour les chats et les chiens. |
Tout commence par le bon emplacement : un calathéa mal placé ne sera jamais sauvé par un arrosage parfait.
Dans la nature, le calathéa pousse au sol des forêts tropicales d'Amérique du Sud, sous le couvert des grands arbres. Il reçoit une lumière abondante mais filtrée, dans une atmosphère chaude et moite. Chez vous, cela se traduit par une place à un ou deux mètres d'une fenêtre orientée à l'est ou au nord, ou derrière un voilage devant une baie au sud ou à l'ouest.
Le soleil direct est son premier ennemi : en quelques heures, il décolore les motifs et laisse des brûlures sèches et beiges au milieu des feuilles. À l'inverse, un coin trop sombre ralentit la croissance, et les nouvelles feuilles sortent plus petites, aux dessins moins marqués.
Évitez surtout les radiateurs, les poêles et les bouches de climatisation, qui assèchent l'air, ainsi que les passages près d'une porte d'entrée ouverte en hiver. Une salle de bain dotée d'une fenêtre est souvent l'endroit rêvé, comme pour la plupart des plantes qui aiment la salle de bain. Une cuisine lumineuse, où l'on fait bouillir de l'eau tous les jours, convient aussi très bien.
Une fois la bonne place trouvée, reste le geste qui cause la majorité des échecs : l'arrosage.

La règle est simple : le terreau doit rester frais comme une éponge essorée. Enfoncez un doigt dans la terre : si les deux premiers centimètres sont secs, arrosez jusqu'à ce que l'eau s'écoule par les trous du pot, puis videz la soucoupe au bout d'un quart d'heure. En pratique, cela représente un arrosage tous les 5 à 7 jours au printemps et en été, et tous les 10 jours environ en hiver, un peu plus souvent dans un appartement très chauffé.
Le calathéa supporte mal deux extrêmes. Une motte qui sèche complètement fait s'enrouler les feuilles en cornet, et un terreau gorgé d'eau en permanence fait pourrir les racines et jaunir les feuilles du bas. Le type d'eau compte presque autant que la quantité : c'est une des plantes d'intérieur les plus sensibles au calcaire, au chlore et au fluor de l'eau du robinet.
Extrait de mon carnet
Mes deux premiers calathéas ont fini avec des feuilles aux bords grillés, alors que je les arrosais « comme il faut ». Le jour où j'ai rempli l'arrosoir au récupérateur d'eau de pluie plutôt qu'au robinet de la cuisine, les nouvelles feuilles sont sorties intactes. Depuis, je garde toujours un bidon d'eau de pluie dans la buanderie, rien que pour eux.
Natalie
L'eau de pluie reste l'idéal. À défaut, une eau filtrée sur carafe ou une eau minérale faiblement minéralisée fait l'affaire. Laisser reposer l'eau du robinet une nuit dans l'arrosoir la ramène à température ambiante et permet au chlore de s'évaporer, mais ne retire ni le calcaire ni le fluor. Les autres principes valables pour toutes vos plantes vertes sont repris dans l'arrosage des plantes d'intérieur.
Le test de la soucoupe
Vous ne savez pas si votre eau est calcaire ? Regardez la soucoupe ou le bord du pot après quelques semaines. Une croûte blanche qui ne part pas à l'éponge trahit une eau dure. Dans ce cas, passez à l'eau de pluie ou filtrée, et rincez le terreau une fois par saison en le faisant traverser par deux ou trois litres d'eau douce.
Un arrosage bien réglé ne suffit pourtant pas, si l'air de la pièce ressemble à celui d'un désert.
Le seuil à viser
C'est le taux d'humidité de l'air sous lequel un calathéa commence à souffrir. Or un logement chauffé en hiver descend facilement entre 30 et 40 %. Un petit hygromètre à quelques euros, posé près de la plante, vous dira tout de suite si le problème vient de là.
La méthode la plus efficace et la plus économique est le plateau de billes d'argile : une soucoupe large remplie de billes et d'un fond d'eau, sur laquelle vous posez le pot sans que le fond trempe. L'eau s'évapore en continu autour du feuillage. Les billes servent aussi dans le fond du pot, comme l'explique l'intérêt des billes d'argile pour les plantes.
Regrouper vos plantes vertes crée aussi un microclimat plus humide, chaque feuillage transpirant au profit des autres. Et si vous avez plusieurs plantes tropicales dans une pièce sèche, un humidificateur d'air réglé autour de 60 % change radicalement leur vie en hiver.
Quant à la brumisation, elle est souvent conseillée mais son effet ne dure que quelques minutes. Pratiquée avec une eau calcaire, elle laisse même des traces blanches sur les feuilles veloutées. Si vous tenez à brumiser, faites-le le matin, à l'eau de pluie, et considérez-la comme un complément, jamais comme la solution.
Quand l'un de ces réglages cloche, le calathéa ne tarde pas à vous le faire savoir. Encore faut-il décoder ses signaux.
Ses feuilles réagissent vite et de façon assez lisible. Voici les symptômes les plus fréquents et leurs causes habituelles :
Une feuille brunie ne reverdira jamais. Vous pouvez couper la partie sèche aux ciseaux propres en suivant la forme de la feuille, ou supprimer la feuille entière à sa base si elle est abîmée à plus de moitié. L'important est de corriger la cause, pour que les nouvelles feuilles sortent saines.
Il y a pourtant un comportement qui affole beaucoup de propriétaires de calathéa, alors qu'il est parfaitement normal.
Le soir, les feuilles du calathéa se redressent et se replient vers le haut, parfois avec un léger bruissement, puis s'ouvrent à nouveau au matin. Ce mouvement est piloté par un petit renflement à la jonction entre la tige et la feuille, qui change de volume en fonction de la lumière. C'est ce qui vaut à la famille des Marantacées le surnom de plantes prières, un nom surtout donné au maranta, son proche cousin.
Le mot du jardinier
Nyctinastie
Mouvement d'une plante déclenché par l'alternance du jour et de la nuit. Chez le calathéa, il repose sur le pulvinus, une articulation à la base de la feuille dont les cellules se gonflent ou se vident d'eau. Le haricot, le trèfle ou le mimosa pratiquent aussi la nyctinastie.
Ce n'est donc un signal d'alerte que si les feuilles restent fermées ou enroulées en pleine journée : dans ce cas, la plante manque d'eau ou d'humidité. Petite curiosité botanique au passage : depuis une révision de la classification publiée en 2012, la plupart des espèces vendues sous le nom de calathéa (orbifolia, makoyana, ornata, lancifolia) appartiennent en réalité au genre Goeppertia. Les jardineries ont simplement gardé l'ancien nom, plus connu.
Une plante qui bouge chaque soir est une plante en bonne santé. Pour qu'elle le reste, il faudra tôt ou tard lui offrir un pot plus grand.
Rempotez tous les deux ans environ, au printemps, ou dès que les racines sortent par les trous de drainage. Choisissez un pot à peine plus large, de 2 à 3 cm de plus en diamètre : dans un contenant trop grand, la terre reste humide trop longtemps autour des racines.
Le calathéa aime un substrat léger, riche et drainant. Mon mélange de base : deux tiers de terreau pour plantes vertes sans tourbe, un tiers d'un mélange d'écorce fine et de perlite. Les différents supports et leurs propriétés sont détaillés dans comment bien choisir son substrat. N'oubliez pas un pot percé, placé dans un cache-pot qu'on vide après chaque arrosage.
Le rempotage est aussi le moment de multiplier votre plante. Le calathéa ne se bouture pas : il se divise. Séparez délicatement la touffe en deux ou trois éclats portant chacun des racines et au moins trois ou quatre feuilles, puis rempotez-les séparément. Gardez-les à l'ombre, dans une atmosphère très humide (un sac plastique transparent posé en cloche fonctionne bien), pendant deux à trois semaines, le temps de la reprise.
Si vous n'avez pas encore craqué, ou si vous hésitez à en adopter un deuxième, toutes les variétés ne demandent pas le même niveau d'attention.
Parmi les dizaines de variétés vendues en jardinerie, certaines pardonnent beaucoup plus que d'autres. Les plus faciles pour commencer sont le lancifolia, dit « rattlesnake », aux longues feuilles ondulées tachetées de vert foncé, le musaica 'Network', au fin quadrillage vert clair, et le rufibarba, aux feuilles duveteuses. Ils tolèrent mieux un air un peu sec et un oubli d'arrosage.
Le makoyana, surnommé plante paon, l'ornata, aux fines rayures roses, et le zebrina demandent un niveau d'attention intermédiaire. Les plus exigeants sont l'orbifolia, très sensible à la qualité de l'eau, et les variétés panachées de blanc comme 'White Fusion', dont les zones claires brunissent au moindre écart d'humidité. Le crocata, enfin, se distingue par ses bractées orange vif, mais sa floraison est difficile à relancer en appartement.
Si votre intérieur est vraiment sec ou peu lumineux, le spathiphyllum ou la plante araignée se montreront bien plus tolérants, en attendant d'offrir au calathéa des conditions à sa mesure.
Pour savoir si votre calathéa est installé dans de bonnes conditions, faites le point en quelques clics.
Check-list d'installation
Le bilan de votre calathéa
Cochez ce qui correspond à votre situation, puis lancez le bilan.
Refaites ce bilan à chaque changement de saison, en particulier au moment de rallumer le chauffage, quand l'air intérieur s'assèche brutalement.
Non, le calathéa figure parmi les plantes non toxiques pour les chats et les chiens selon la liste de l'ASPCA, l'association américaine de protection des animaux. Un chat qui grignote une feuille risque tout au plus un léger trouble digestif. C'est l'une des plantes tropicales les plus sûres pour une maison avec animaux, contrairement au dieffenbachia ou au caladium.
Oui, sur un balcon ou une terrasse à l'ombre complète, à l'abri du vent, dès que les nuits restent au-dessus de 15 °C, en général de juin à début septembre. Il y profite de l'humidité naturelle de l'air et de la pluie. Rentrez-le avant les premières nuits fraîches, et inspectez le revers des feuilles pour ne pas ramener de parasites dans la maison.
Oui, une fois par mois environ, car la poussière freine la photosynthèse et attire les acariens. Essuyez chaque feuille avec un chiffon doux humidifié à l'eau de pluie, en soutenant la feuille par-dessous. N'utilisez jamais de lustrant pour feuilles : il bouche les pores et abîme les variétés au feuillage velouté.
Rarement, à l'exception du calathéa crocata, vendu en fleurs pour ses bractées orange, et de quelques espèces comme le warscewiczii. La floraison du crocata dure plusieurs semaines, mais elle est difficile à relancer d'une année sur l'autre sans jours courts et humidité élevée. Pour la grande majorité des calathéas, c'est le feuillage qui fait tout l'intérêt de la plante.
Bien soigné, un calathéa vit de nombreuses années, et on peut le prolonger indéfiniment en le divisant régulièrement. Les échecs viennent presque toujours des premiers mois : la plante passe de la serre de production, très humide, à un salon chauffé. Les deux premiers mois, surveillez de près l'humidité et évitez de la déplacer sans cesse.
Un cache-pot un peu plus large que le pot, pour glisser une couche de billes d'argile au fond et garder le pot au-dessus de l'eau. Évitez les pots décoratifs sans trou dans lesquels on plante directement : l'eau s'y accumule et fait pourrir les racines. Les critères de taille et de matière sont réunis dans comment choisir le bon cache-pot pour une plante d'intérieur.
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