Que mangent les fouines ? - Royaume des Jardins

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Que mangent les fouines ?

février 26, 2026

La fouine fait partie de ces animaux qu'on connaît surtout de réputation. On sait vaguement qu'elle rôde la nuit, qu'elle s'infiltre dans les poulaillers, qu'elle sème parfois le chaos dans les greniers ou sous les capots de voiture. Mais ce qu'elle mange vraiment, au quotidien, selon les saisons, selon qu'elle vit à la campagne ou en ville, c'est une autre histoire. Et cette histoire mérite qu'on s'y attarde, parce qu'elle éclaire beaucoup de comportements que les propriétaires de jardins ou d'animaux finissent par observer sans toujours comprendre.

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Un portrait rapide avant de parler nourriture

La fouine, de son nom scientifique Martes foina, est un mammifère de la famille des Mustélidés, la même grande famille que la belette, le putois, la loutre et la martre des pins. Elle pèse en moyenne entre 1,1 et 2,3 kg selon les individus et le sexe, les mâles étant toujours plus lourds que les femelles. On la reconnaît facilement à son pelage gris-brun et à sa gorge blanche caractéristique, qui se prolonge souvent sur le haut des pattes avant.

Ce qui la distingue des autres mustélidés, c'est sa capacité à vivre dans des environnements très variés. Là où la martre des pins reste liée aux forêts, la fouine se sent aussi à l'aise dans un village, dans une ferme, sous une toiture ou au fond d'un jardin de banlieue. C'est d'ailleurs la seule espèce de martre à ne pas vivre exclusivement en milieu forestier, et cette adaptabilité, on va le voir, transparaît directement dans ce qu'elle mange.

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Une omnivore opportuniste, dans le vrai sens du terme

Si on devait résumer le régime alimentaire de la fouine en un seul mot, ce serait opportuniste. Pas dans le sens péjoratif, mais dans son sens biologique : elle mange ce qu'elle trouve, là où elle se trouve, au moment où elle le trouve. Elle ne suit pas de régime strict, elle n'a pas de proie fétiche qu'elle chasserait en priorité, et elle n'hésite pas à abandonner ses habitudes du moment qu'une ressource plus facile se présente.

Concrètement, cela signifie qu'elle peut passer d'un festin de mulots un soir à une razzia de cerises tombées au pied d'un arbre le lendemain, puis fouiller un compost mal fermé la nuit suivante. Cette flexibilité est précisément ce qui lui permet de prospérer aussi bien dans les forêts de montagne qu'en pleine périphérie urbaine, là où d'autres prédateurs plus spécialisés ne pourraient pas survivre.

Ses besoins journaliers sont relativement modestes : entre 120 et 150 grammes de nourriture par jour suffisent à couvrir ses dépenses énergétiques. C'est finalement assez peu, mais la fouine est active presque toutes les nuits, et elle parcourt des distances importantes. Son territoire peut s'étendre de 0,5 à 4 km², et les mâles couvrent systématiquement de plus grandes surfaces que les femelles.

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Ce qu'elle chasse : les petits mammifères en tête de liste

La base de l'alimentation de la fouine, ce sont les petits rongeurs. Les campagnols, les souris, les mulots et les rats constituent ses proies de prédilection, celles qu'elle traque en premier quand les conditions le permettent. Elle les détecte essentiellement à l'ouïe, puisque son activité est nocturne : son oreille est capable de localiser un mulot qui gratte sous la neige ou derrière une clôture en bois, ce qui lui confère une efficacité redoutable dans l'obscurité totale.

Sa technique de chasse est assez caractéristique. Elle s'approche de sa proie en rampant, adopte une posture cambrée similaire à celle d'un chat en alerte, puis attaque en bondissant. Elle mord au cou pour tuer rapidement. Si la proie ne résiste pas, elle est consommée sur place. Si elle est trop grosse pour être mangée immédiatement, la fouine peut la cacher dans son gîte pour plus tard, un comportement de mise en réserve que l'on observe surtout avant l'hiver.

Ce goût prononcé pour les rongeurs fait d'elle un auxiliaire précieux dans les fermes et les jardins potagers. Elle régule naturellement les populations de campagnols, de souris et de rats, des animaux qui causent des dégâts considérables aux cultures et aux greniers. Un éleveur qui découvre des traces de fouine dans sa grange peut s'en alarmer, mais il y a de bonnes chances que la bête ait aussi fait le ménage parmi les rongeurs qui s'y installaient.

Les lapins peuvent également figurer au menu, même si leur capture est nettement plus difficile. La fouine est agile, mais un lapin adulte en pleine forme lui donnera du fil à retordre. Elle privilégiera les jeunes lapereaux ou les individus affaiblis, comme le font la plupart des prédateurs opportunistes.

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Les oiseaux et les œufs : une attirance bien connue

C'est souvent pour cette raison que la fouine finit par croiser le chemin des propriétaires de jardins. Elle chasse les oiseaux, qu'il s'agisse de passereaux, de merles, de moineaux ou de pigeons. Elle grimpe aisément dans les arbres et les haies pour atteindre les nids, dont elle consomme à la fois les œufs et les poussins avec une efficacité déconcertante.

Mais ce sont surtout les œufs de poules qui lui valent sa mauvaise réputation. La fouine est capable de se faufiler dans un trou d'à peine 7 cm sur 5 cm, ce qui lui donne accès à la grande majorité des poulaillers mal sécurisés. Elle entre généralement pour les œufs, pas pour les poules. Le problème, c'est que les poules s'agitent, s'affolent, font du bruit, et que cette agitation énerve la fouine qui finit par s'en prendre à elles, souvent en les tuant sans les manger.

C'est ce comportement qui explique le mystère du poulailler dévasté où les cadavres sont laissés sur place sans être consommés, un signe très spécifique qui permet d'identifier la fouine comme responsable. Si vous avez observé ce type de carnage dans votre poulailler, notre article sur quel animal tue les poules et les laisse sur place vous aidera à confirmer l'identité du prédateur et à adapter vos protections en conséquence.

Les fruits et les baies : une part végétale souvent sous-estimée

Voilà ce qui surprend beaucoup de gens quand on leur parle du régime de la fouine : elle mange aussi des fruits, et en quantité parfois importante selon les saisons. Ce n'est pas un comportement anecdotique, c'est une partie structurelle de son alimentation, en particulier à l'automne.

Elle affectionne les cerises, les mûres, les framboises, les myrtilles, les prunelles et les baies de sureau. Elle mange volontiers les pommes et les poires tombées au sol dans les vergers, et les propriétaires de jardins fruitiers ont parfois la surprise de découvrir des traces de passage sans comprendre ce qui a pu s'attaquer à leurs fruits à terre.

Cette appétence pour les fruits n'est pas qu'une question de goût : elle répond aussi à une logique saisonnière. En automne, quand les fruits mûrs sont abondants et faciles à trouver sans avoir à chasser, la fouine en profite largement pour constituer des réserves caloriques qui l'aideront à passer l'hiver. Elle joue d'ailleurs, sans le savoir, un rôle de disperseur de graines en ingérant des baies dont les graines ressortent intactes dans ses déjections, parfois à plusieurs centaines de mètres du point de collecte.

Insectes, grenouilles et autres prises secondaires

Le régime de la fouine ne s'arrête pas là. Elle complète son alimentation avec des insectes en été, notamment des coléoptères, des hannetons, des sauterelles et des hyménoptères, qui représentent une source de protéines facile à récolter quand ils sont abondants. Elle mange aussi des vers de terre, des chenilles et des escargots quand l'occasion se présente.

Au printemps et en été, les grenouilles et les crapauds peuvent entrer dans son menu. Elle les localise à leur présence près des points d'eau et les consomme sans état d'âme. Plus rarement, on lui prête aussi la capture de petits serpents ou de lézards, même si ces proies sont moins régulières.

Ce portrait d'omnivore généraliste se complète par une capacité à se nourrir de charognes quand la nourriture fraîche vient à manquer. En hiver notamment, elle ne dédaignera pas les restes abandonnés par d'autres prédateurs, ni les animaux morts de froid qu'elle peut trouver en prospectant son territoire.

Comment l'alimentation change selon les saisons ?

La fouine n'hiberne pas, contrairement à ce que certains croient parfois. Elle reste active toute l'année, mais son alimentation subit des variations importantes au fil des saisons, dictées par ce que la nature a à offrir.

Au printemps, avec le retour des jours longs et la multiplication des proies, elle se concentre sur les oiseaux nicheurs et leurs œufs, les rongeurs dont les populations explosent après l'hiver, et les premiers insectes. C'est une période d'abondance relative.

En été, la variété est maximale. Rongeurs, oiseaux, insectes, petits amphibiens et les premiers fruits lui offrent un buffet quasi permanent. Elle mange bien, peut constituer de légères réserves de graisse et élève ses jeunes, qui naissent en mars-avril et apprennent à chasser pendant les mois chauds.

En automne, les fruits prennent une place considérable dans son régime. Vergers, haies chargées de baies, lisières de forêts avec leurs mûres et prunelles : la fouine devient presque frugivore pendant quelques semaines, profitant de cette abondance sucrée avant qu'elle ne disparaisse.

En hiver, c'est là que l'opportunisme devient vraiment vital. Les rongeurs restent sa ressource principale, mais elle doit les traquer plus activement car les populations hivernales sont plus discrètes. C'est aussi en hiver qu'elle se rapproche le plus des habitations et des poulaillers : la nourriture se fait rare, les déchets humains deviennent une ressource intéressante, et les œufs d'un poulailler représentent une aubaine qu'elle ne peut pas ignorer.

La fouine en ville : un régime encore plus éclectique

En milieu urbain et périurbain, le régime de la fouine prend des allures parfois comiques. Elle fouille les poubelles, explore les composts, grignote des restes de repas les plus divers. Des observations documentées font état de fouines consommant de l'aluminium, du cuir, du papier, des pelures de charcuterie ou des chewing-gums, autant de matières que sa curiosité insatiable l'amène à tester.

Ce n'est pas de la gourmandise pour autant. C'est la même logique opportuniste que dans la nature, simplement transposée dans un environnement où les ressources disponibles sont différentes. La fouine urbaine mange des rats et des souris comme la fouine rurale, mais elle comble les jours difficiles avec ce que les humains laissent traîner.

C'est aussi cette proximité avec les habitations qui la conduit à laisser ses traces dans les greniers, les combles et sous les toitures où elle gîte. Si vous avez trouvé des traces suspectes et que vous cherchez à identifier avec certitude la présence d'une fouine chez vous, notre article sur les crottes de fouine vous donnera les indices précis pour la reconnaître et agir en conséquence.

Un prédateur utile malgré les apparences

Ce tableau d'ensemble donne peut-être l'impression d'un animal uniquement problématique. C'est oublier qu'en dehors des situations de conflit avec les élevages, la fouine rend des services écosystémiques réels. Elle régule les populations de rongeurs, notamment des rats, dont elle est l'un des rares prédateurs efficaces en milieu périurbain. Elle participe à la dispersion des graines et contribue à l'équilibre naturel des espèces dans les milieux où elle vit.

La Convention de Berne du 19 septembre 1979, relative à la conservation de la faune et de la flore en Europe, classe d'ailleurs la fouine dans son annexe III, ce qui signifie que son exploitation est réglementée pour maintenir des populations viables. En France, elle figure parmi les espèces susceptibles d'être classées nuisibles selon les départements, mais son statut est examiné régulièrement au regard de son rôle dans les écosystèmes locaux.

Comprendre ce qu'elle mange, c'est finalement comprendre pourquoi elle se comporte comme elle le fait. Une fouine qui entre dans un poulailler ne le fait pas par malice, elle cherche à manger. Une fouine dans un grenier ne vient pas pour s'y installer durablement par caprice, elle y trouve simplement un abri chaud et parfois des proies faciles à proximité. Cette connaissance ne résout pas les problèmes pratiques qu'elle peut causer, mais elle aide à les aborder avec les bons outils et les bonnes protections.


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